Il était une fois quatre maniaques de curling : Guylaine, Mario, Sylvie et André (ben oui, c’est moi !).

Nous allons disputer deux parties à Val-d’Or. C’est une compétition amicale dans le cadre d’une journée « Inter-clubs ». Rien à gagner. C’est pour le fun. Départ à 06h45 un lundi matin frette et neigeux de janvier. Y faut-tu aimer ça, le curling ?

À 06h00, par curiosité, je vérifie sur « Météo Média » l’état de la route entre Senneterre et Val d’Or :

« Critique ». Qu’y disent !

- Ben voyons ! Ça doit pas être si pire que ça !

Si j’étais allé voir dans mon fidèle Petit Larousse 2005, j’aurais pu lire :

- Critique : « Dangereux, grave, qui fait prévoir des suites fâcheuses ». Mais j’avais pas de temps à perdre avec ça ! Je m’en allais jouer au curling !!

Et comme il se doit, Sabrina m’avait fait hier soir, un p’tit sermon sur les dangers de prendre la route en hiver. Très diplomate, elle m’avait dit :

- Franchement ! Vous êtes malades ! Y’annoncent de la neige, pis vous-autres, vous allez risquer votre vie pour… deux parties de curling qui « comptent » même pas !!

Alors, je peux vous dire que quand je suis sorti dehors ce matin, j’ai fait bien attention de ne pas la réveiller ! Si elle avait vu toute la neige qui était tombée durant la nuit et le vent qui la faisait tourbillonner… elle m’aurait sûrement enchaîné après une patte du lit, ‘stie !!!

En té-cas. 06h45, Mario et Guylaine arrivent et je monte à bord de leur véhicule, une Mazda CR-9 à traction intégrale. Y’en aura pas d’problème !! On est pas des peureux !

- Un lièvre, ça joue pas au curling !!

On arrive devant chez Sylvie qui nous attend, debout dehors, devant l’entrée de sa maison. On lui voit juste la tête qui dépasse du banc de neige ! J’exagère juste un ti-peu !!

Et nous voilà partis !

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La visibilité est « pas pire », mais la route est enneigée et un peu glacée. Je l’savais qu’on peut pas se fier à la Météo ! Y’a rien de « critique » là-dedans !

Après quelques kilomètres, un petit animal à quatre pattes traverse la route devant nous.

- Tiens ! Une souris ! Dit Guylaine.

- Y m’semble que c’est pas mal gros pour une souris ! Que je dis.

Après délibération parmi les quatre occupants du véhicule, il est adopté à trois voix contre une, que c’était… une belette !

- En tout cas, si ça c’était une souris, j’voudrais pas voir le chat qui vient avec !! De constater Mario.

Nous voilà rendus à l’intersection Louvicourt-Val-d’Or : « La fourche de Louvicourt », comme on dit. Habituellement, la route est beaucoup plus belle après « la fourche », jusqu’à Val-d’Or. Mais là, pas moyen de le savoir, parce que la route, ON LA VOIT PAS !!! Y’en a plus, de route !! Juste de la poudrerie. Une vraie beauté de voir ça, comment la température change vite en Abitibi !! « Ils » ont dit « critique », hein ? Peut-être qu’y sont pas loin de la vérité, après tout ??

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Mario réduit sa vitesse, « assisté » par Guylaine qui s’applique à remplir consciencieusement et calmement ses fonctions de navigatrice et… conseillère routière :

- Tu roules pas trop vite, hein Mario ?

- Tasses-toi un peu Mario…

- Attention Mario, as-tu vu devant, j’pense qu’il y a un camion… ?

- C’est beau Mario.

- C’est un bon trrrès conducteur, mon Mario !!

Le vent et la poudrerie font en sorte qu’on ne voit pratiquement rien devant nous !

À quelques kilomètres de Val d-’Or, nous apercevons à la dernière minute un camion (à ordures) qui nous précède, et qui s’apprête à tourner à gauche, pour prendre le chemin qui mène au dépotoir. Pas de problème, nous avons suffisamment ralenti, et le camion a mis son clignotant et commence son virage. Quand soudain…

… Un pick up noir surgit derrière nous ! Il a décidé, lui, que les conditions routières sont excellentes, et nous dépasse !!! Heureusement, Mario a vu à la dernière seconde, les phares du pick up dans son rétroviseur, et donne un coup de roue pour se tasser vers la droite. Sans quoi, c’est la collision assurée entre le pick up et le camion à ordures qui, ayant entamé son virage, est maintenant perpendiculaire à la route !

« L’animal » à quatre roues (un Ford F150, selon Sylvie qui a l’oeil pour ce genre de bêtes !) n’a jamais ralenti. Il est passé à toute allure entre le camion et nous, en faisant un « s » ! Une fois devant nous, il dérape sur le côté droit de la route, mais accélère de plus belle et réussit à repartir. Il disparaît dans un nuage de neige pendant que nous… on glisse « dans le clos ». Avec toute la neige qui est tombée, ça s’est fait presqu’en douceur !

ford1

On a jamais revu « la bête » à cervelle d’oiseau. Ce qui est probablement une bonne chose pour… son stupide conducteur !

Mario descend de la voiture et constate que son véhicule est enlisé dans la neige. Ça va prendre l’aide d’un towing.

fenomax

Une camionette arrive derrière nous et se stationne. C’est Éric Sirois de Senneterre, Il est à l’emploi de Fenomax, une entreprise de portes et fenêtres de Val d-Or (publicité gratuite !). Il fait la route Senneterre-Val-d’Or à tous les jours.

Éric nous offre de nous emmener à Val-d’Or pendant que Mario attendra la remorqueuse. Guylaine constate que son manteau est coincé dans sa portière (qu’elle ne peut pas ouvrir car accotée dans la neige). Elle sort de son manteau (c’est le cas de le dire !) et vient nous rejoindre dans le véhicule d’Éric. Mario lui ramènera son manteau plus tard.

Notre bon samaritain vient nous déposer devant la porte du Club de curling ! On lui doit une fière chandelle ! (En passant, quelqu’un pourrait-t-il m’expliquer le sens de cette expression-là, « fière chandelle » ?!? Depuis quand une chandelle peut être… fière ???).

En tout cas, on ne remerciera jamais assez Éric Sirois de « Fenomax, Manufacturier de portes et fenêtres » (2e pub !) pour son civisme, son calme, et sa générosité. On ne peut pas en dire autant de l’imbécile qui aurait pu SE tuer ou tous NOUS tuer, par son comportement irresponsable !

Merci Éric !

Après que la remorqueuse eut sorti son véhicule du fossé sans problème et sans une égratignure, Mario nous a finalement rejoint au Club de curling… non sans avoir connu d’autres mésaventures :

En entrant dans la ville, il est passé à quelques pouces d’emboutir un autre véhicule qui a surgi d’entre deux bancs de neige sans faire son arrêt obligatoire ! Et c’était pas terminé : Un peu plus loin, Mario s’est sorti le bras par la fenêtre de sa portière, pour secouer son essuie-glace qui fonctionnait mal et il a… foutu le camp !!! L’essuie-glace, pas Mario !!

- Quand ça va ben, ça va ben !!! Comme disait Marc Messier dans les Boys !

Finalement, on a gagné notre partie de curling (qui ça intéresse ??!!) et comme Sabrina me l’avait fait promettre, je lui ai téléphoné avant la deuxième partie. À sa question :

- Pis, ça été comment sur la route ?

Je lui ai répondu :

- La route ? Euhh… aucun problème ! C’était pas très beau, mais… on s’est bien rendus !

(Évidemment, c’était un pieux mensonge, car je voulais surtout LA protéger. J’imaginais déjà la journée qu’elle passerait, si elle avait su qu’on avait failli se ramasser… aux nouvelles TVA !!! Mais je savais aussi que j’allais « payer pour », quand je lui dirais la vérité, à mon arrivée !).

Après notre deuxième partie, on est revenus à Senneterre sans problème. Et je vous résume la réaction de Sabrina, quand je lui ai dit :

- Euuhh… y’a une affaire que je t’ai pas dite…

- Quoi ???!!!

- Sais-tu que la route était vraiment pas belle ce matin ? On pourrait presque dire qu’elle était dans un état… euhh… critique…

- Ouin pis ? Parle !!!

- Ben… heu… c’est que… ben, c’est ça : On a pris l’clos !!

- Je l’savais !! J’ai eu un feeling à matin, aussi !!! Je t’avais pourtant prévenu, hier !!!  Vous auriez pu tous vous faire tuer, pour deux parties de #%?$#$ de #%#$%$ de… « curling… de vieux » !!!

curling

- Heille ! Comment ça, « du curling  de vieux » ?? Tu sauras que c’est « sénior » qu’on dit !

- Ben tu sauras que « vieux » ou « sénior », c’était pas fort !!!!

- Pis… tu m’as même pas demandé le principal !

- … Le principal ??

- Oui. Si on avait gagné !!

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